Point de vue - L'assurance d'un bien en viager

Publié le par L'expert

La vente d'un bien en viager, avec réserve

de jouissance par le vendeur, est un

démembrement temporaire du droit de

propriété qui se trouve être divisé en nu

propriété et en usufruit.

 

L'assurance à souscrire doit refléter la

commune intention des parties.

 

Dans la pratique, c'est généralement une

personne âgée qui souhaite, tout en

conservant jusqu'à la fin de sa vie la

jouissance de la résidence dont elle est

propriétaire, de disposer d'un apport

financier qui lui est nécessaire.

 

L'acquéreur qui ne sera propriétaire que

de la nu-propriété fait un pari sur la longévité

de l'usufruitier.

 

La somme qu'il verse, à la signature de

l'acte de vente, est désignée par bouquet.

 

L'intérêt, bien compris de chacune des

parties, est que le bien objet du viager

soit correctement assuré pendant toute

la durée du viager et que l'affectation de

l'indemnité à verser par l'assureur, en

cas de sinistre, correspond aux intérêts

respectifs des parties.

 

Il importe de les préciser dans l'acte de

vente, pour pouvoir les traduire en termes

d'assurances.

 

Sauf dispositions contraires, le nu-

propriétaire devrait assurer le bien en

qualité de propriétaire non-occupant.

 

L'usufruitier est responsable des dommages

subis par l'immeuble, comme le

serait un locataire bien que le fondement

juridique de sa responsabilité diffère de

celle de ce dernier

Pour faire face à cette responsabilité, il

devrait souscrire une garantie de « recours

du propriétaire » égale à la valeur

du bien pour se protéger contre un éventuel

recours de l'assureur du nu-

propriétaire.

 

Cette solution ne garantit pas les intérêts

de l'usufruitier, dans la mesure où la

remise en état des locaux, après un sinistre

partiel lui incombe.

 

Par ailleurs, un litige peut naître à l'occasion

d'un sinistre majeur, que le nu propriétaire

pourrait avoir intérêt à qualifier

de total, pour mettre fin au viager pour

cause de disparition de son objet. Alors

que l'usufruitier a intérêt à faire reconstruire

ce qui a été détruit.

 

La solution consiste à charger l'une des

parties de la souscription d'une assurance

pour compte commun prévoyant, en

 

cas de sinistre partiel, l'attribution de

l'indemnité à l'usufruitier, à charge pour

lui de faire faire les travaux de réparation

du sinistre.

 

En cas de sinistre total, une partie de

l'indemnité peut revenir à l'usufruitier,

en compensation de la perte de son droit

de jouissance.

 

Un calcul actuariel, basé sur son espérance

de vie, au jour du sinistre permettra

de déterminer ses droits.

 

Pour contrôler la pérennité de l'assurance,

il est possible d'insérer dans la police

un avenant de "créance hypothécaire"

qui obligera l'assureur d'informer le notaire

de toute résiliation ou suspension

des garanties.

 

Ce dispositif ne peut être mis en place,

qu'à partir des dispositions du contrat de

vente en viager.

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Publié dans DROIT DES ASSURANCES

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